SEVEN SWORDS (Qi jian)
Hong Kong - 2004
145 minutes
Réalisateur : Tsui Hark
Scénariste : Cheung Chi-Sing, Chun Tin-Nam et Tsui Hark, d'après le roman "Seven Swordsmen from Mountain Tian" de Yusheng Liang
Avec : Donnie Yen, Leon Lai, Charlie Young, Liwu Dai, Se-Yeon Kim, Liu Chia-Liang, Duncan Lai, Yi Lu
Sortie le 30 novembre 2005


Depuis les années 80, Tsui Hark est, avec son ex-compère John Woo, le réalisateur/producteur le plus représentatif et le plus connu du cinéma hong-kongais. Par le biais de sa maison de production, Film Workshop, il a fourni aux amateurs du cinéma d'action made in HK des dizaines de perles qui ne trouvent pas leur égal encore aujourd'hui.
Lorsqu'en 1995, il sort The Blade (Dao), c'est une véritable révolution du wu xia pian (film de sabre chinois). Ce récit chaotique et nihiliste reprend nombre de thèmes chers au cinéma hong-kongais et chinois, mais surtout il leur insuffle une vigueur jamais vue jusqu'ici.

Pour beaucoup, Seven Swords est la réponse de Tsui Hark à la nouvelle vague de films de sabre sortis ces dernières années, avec en tête de file le célèbre Tigre & Dragon et les films de Zhang Yi-Mou (Hero et Le secret des poignards volants), mais aussi la chance de revitaliser une fois de plus ce genre à qui il a autrefois redonné tant de majesté.

Ne nous leurrons pas une seconde : Seven Swords est bien loin d'être la réussite qu'a été The Blade en son temps. Peut-être parce qu'à l'époque, personne n'attendait Hark au tournant comme ce fut le cas pour ce nouveau film. Peut-être parce que Hark reste un réalisateur chaotique dans son traitement et qu'il finit toujours par se laisser dépasser par ses idées.
La preuve ultime de cet éparpillement est le montage original de 4 heures dont parle Hark dans nombre d'interviews. Un montage tellement long qu'il lui a fallu le raccourcir de manière drastique afin de garantir la diffusion la plus large possible de son film... et ce aux dépends de l'histoire en elle-même.

Car c'est bien là, le défaut de ce film. Les évènements se succèdent, mais il est souvent difficile de faire le lien entre eux. On sent qu'énormément d'éléments-clés sont restés sur le sol de la salle de montage et il en résulte une lecture faussée de l'histoire. On sent en filigrane que le film recèle plus que ce qui nous est montré et que les personnages, leurs interactions et leurs histoires respectives, tous plus intéressants les uns que les autres, mériteraient un développement un peu plus poussé.

Reste évidemment la majesté des combats, point fort de Hark tout au long de sa carrière. Les chorégraphies sont signés par Xiong Xin Xin (déjà chorégraphe des combats de The Blade et plus connu pour son rôle de Pied-Bot dans la saga des Il était une fois en Chine) et Wei Tung (chorégraphe de Hero) sous la direction du maître Liu Chia-Liang qui, non content de se trouver devant la caméra dans le rôle de Maître Fu, nous rappelle pourquoi sa série de la 36ème chambre de Shaolin (qu'il a intégralement chorégraphié) est un des monuments du film de kung-fu.
Tout comme les épées des héros, chaque combat du film est unique et semble irradier d'une énergie différente, le summum étant bien sûr l'affrontement dans un couloir où les deux protagonistes prennent appui sur les murs afin de prendre l'avantage sur son adversaire. Un must dans le domaine.

Au final, Seven Swords ne comble pas les attentes que l'on a pu placer en lui. Trop de trous dans la narration, trop peu de logique dans certains enchaînements, trop peu de développements dans le traitement des personnages. Même les séquences martiales ne le sauvent pas totalement. Reste qu'avec la possibilité que la version intégrale de 4 heures sorte en DVD et les rumeurs faisant état d'une suite et d'une déclinaison en série TV, on peut espérer que le temps se montrera clément avec ce film et qu'il finira par trouver sa place au panthéon du "wu xia pian".